Vous avez sûrement apprécié la plastique de Whitney Houston tout en ignorant sa musique. Vous avez apprécié la voie de Tina Turner et aussi son physique.
Vous avez trouvé Nina Hagen ou Texas Terry allumeuses.
Laisser moi vous présenter celle qui fait passer la première pour une none et la seconde pour Jane Birkin et la troisième pour une jeune ados entrant en puberté: BETTY DAVIS.
Après une carrière de mannequin, elle rencontre Sly Stone (de Sly and The Family Stone) puis Hendrix et enfin Miles Davis dont elle sera l'épouse (pendant quelques mois seulement). Possédée par le Funk, la Soul et portant en elle l'influence des vieux bluesman, ceux dont les textes poètiques se coloraient toujours de grivoiseries salaces (Sonny Terry, Howlin' Wolf, Sonny Boy, LeadBelly,...) elle apporte à Miles l'influence psychédélique. Elle sortira en tout et pour tout 3 albums :
· Betty Davis en 73
· They say I'm different en 74
· Nasty Gal en 75
Ces trois disques sont des bombes !
Même si le début des années 70 fut révélateur d'une grande émancipation dans les moeurs, (peace and love !), le premier disque de Betty jeta un grand pavé dans
Le deuxième album sort donc un an plus tard. A nouveau c'est le feu total ! Elle en profite pour poursuivre sa prêche : Ode au sadomasochisme et à la prostitution libre, haine du machisme et maquereaux en tous genre. Si James Brown a été jusqu'à cette date le roi du funk, le voila maintenant détrôné...et par une femme ! Ca swing, ça vous secoue les arpions, vous ébroue la colonne vertébrale et ça continue à vous flatter l'entrejambe. Miles Davis dira d'elle, plus tard, qu'elle aurait pu avoir le succès de Prince ou de Madonna mais qu'elle était arrivée trop tôt.
Le troisième et dernier album sortira en 75. C?est mon préféré. Des guitares encore plus ciselées et sautillantes (je n'est jamais entendu de riffs de guitares plus acérés que ceux de « F.U.N.K » ou « FEELINS »). La batterie frappe un afterbeat tellement « en l'air » qu'à chaque coup de caisse claire on a du mal à s'en remettre. Ajoutez la dessus une basse qui saute un clavinet et une section de cuivre démoniaque, vous aurez l'album de funk du siècle.
Betty est alors au sommet de son art. Elle miaule puis hurle et scande avec ferveur le sexe, la liberté et la fierté. Elle vous emmène dans des morceaux de 10 minutes sur un seul accord avec une variété et un charisme à couper le souffle. Elle passe allègrement d'un funk psyché endiablé à un slow torride. Au niveau des textes, on est dans la lignée des albums précédents, tout en érotisme avec en plus un coté plus revendicatif (elle en profite pour régler quelques comptes avec la presse).
En bref, 3 albums incontournables et donc indispensables.
Source: DIG IT #37 et divers sites internet